carte francophonie - Version 2L’OIF, l’Organisation Internationale de la Francophonie, représente la Francophonie –terme datant de la fin du 19e siècle–, 274 millions de personnes de par le monde parlant français ; quatre-vingts États et gouvernements sont membres, ou observateurs de l’OIF.

Michaëlle Jean, désignée au Sommet de Dakar en 2014 pour succéder à Abdou Diouf, en est secrétaire générale depuis janvier 2015.

Au vu d’un questionnaire adressé à un « échantillon représentatif », il n’est pas certain que les citoyens français prennent la mesure de l’importance de l’OIF.
C’est une organisation puissante, avec des Représentations permanentes auprès de l’Union Africaine et de la Commission économique de l’Afrique, de l’Union européenne, des Nations unies ; des bureaux à Lomé, Libreville, Hanoï, Port-au-Prince et Bucarest ; un budget annuel moyen de 85 millions d’euros.

L’OIF s’appuie sur une assemblée consultative, sur l’Agence universitaire de la francophonie, l’université Senghor d’Alexandrie, l’Association internationale des maires francophones, et sur TV5 monde, second réseau international de télévision diffusé auprès de 215 millions de foyers dans près de deux cents pays.
Bref, l’OIF représente une force politique et économique considérable, très active dans de nombreux domaines intéressant de près les « hommes de bonne volonté ». Son action ne se limite pas à la langue française et à la diversité culturelle et linguistique.

Ses orientations pour les années à venir concernent plus particulièrement les jeunes et les femmes –et l’égalité des sexes– avec l’ambition de favoriser leur engagement dans la création et leur participation à l’économie de la culture ; il s’agit aussi de contribuer au renforcement de la démocratie, des droits de l’homme, de l’état de droit et du rôle de la société civile ; de contribuer à la prévention des conflits, de consolider la paix, la sécurité et la stabilité, et d’améliorer ainsi les conditions de vie des populations ; de renforcer l’accès à l’éducation, de soutenir la mobilité au sein de l’espace francophone et la mise en réseaux des universités, afin de permettre la circulation et l’échange de savoirs, de talents, et d’innovations. Il faut ajouter le développement de la transition énergétique durable, et la lutte contre les dérèglements climatiques.

Qui ne soutiendrait et n’applaudirait un tel programme et de telles ambitions ?
Pour avoir une chance de les réaliser, la grande Francophonie économique prônée parfois est-elle possible ? Elle bénéficierait d’une richesse culturelle, d’une diversité géographique, avec en prime une langue commune. Cet espace économique bénéficierait aussi bien aux pays pauvres qui ont besoin de se développer, qu’aux plus riches qui trouveraient là un marché en pleine expansion.

Un espace qui s’y prête parce qu’il est à l’image de l’état de la planète : un espace, réparti sur les 5 continents ; un espace aussi des plus contrastés : avec ses inégalités et ses disparités de développement, ses crises et ses conflits, ses défis, ses menaces mais aussi ses forces, son extraordinaire diversité, ses capacités de faire, de créer, d’innover. (Michaëlle Jean)

Dans le même discours prononcé à Liège en juillet 2015, Michaëlle Jean faisait part de son inquiétude face au déclin de la langue française dans les institutions européennes et internationales, et à l’abdication trop fréquente devant le dictat de l’anglais.
Ce qui est en jeu, enfin, c’est la démocratie à l’échelle internationale qui a aussi à voir avec la langue. Car, contraindre des fonctionnaires internationaux, des ministres, des négociateurs, à s’informer, à travailler, à s’exprimer dans une langue unique, en anglais seulement… c’est les placer surtout en situation d’inégalité face à un interlocuteur anglophone qui s’exprime, lui, dans sa langue maternelle.

Mais reconnaissons aussi nos comportements, comment nous capitulons trop facilement, trop rapidement, trop systématiquement. Autant de comportements dont on ne mesure pas assez les conséquences pour l’avenir, pour nous-mêmes, pour le monde… Pourquoi ce manque de conviction et de volonté lorsqu’il s’agit de défendre le français, et par là même toutes les autres langues officielles et de travail ?
Dire de la langue anglaise qu’elle est la langue du tout monde, c’est accepter que le tout monde ne se dise qu’en anglais.

DLF ne dit pas autre chose depuis longtemps. Si les francophones et les locuteurs d’autres langues renoncent, tout naturellement l’anglophonie occupe les places abandonnées.

C’est grand dommage, car le français n’est pas seulement une langue littéraire, c’est aussi une langue de créativité, d’innovation, de développement économique… avec un formidable potentiel économique pour l’avenir, une façon rationnelle de poser les problèmes et d’en rechercher les solutions, mais toujours par référence à l’Homme. (Léopold Senghor)

Un grand merci à l’OIF de se battre pour notre langue, pour le multilinguisme et l’intercompréhension.
Il faut visiter le site (http://www.francophonie.org/), lire les discours, s’informer des actions en cours, des appels d’offre, des concours, des cours en ligne gratuits, pour se rendre compte de la vitalité de l’OIF.

Article paru dans la revue DLF n°258, dans la rubrique Le français dans le monde

L’OIF – Organisation Internationale de la Francophonie
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